Réal Massé, l'homme derrière la moustache

Par Jennifer Doré Dallas

Tracer le portrait de Réal Massé, ce n’est pas une mince affaire. Les amateurs de pêche reconnaîtront instantanément le pourvoyeur lanaudois, bien réputé dans le domaine. Alors qu’il s’avance vers moi au bord du lac, il me semble intemporel, figé dans une génération de gentilshommes qui ne sortent que bien mis, la moustache bien placée, sans un seul pli à leurs vêtements. Je ne peux m’empêcher de penser à mon grand-père; une génération d’hommes vaillants comme il ne s’en fait plus, ou presque…



Ce matin-là, quelques instants avant que je ne sorte admirer la mince glace qui flottait encore sur le lac, un loup s’était aventuré sur l’étendue. « S’il s’en approche, le lac n’est pas prêt de caler », m’expliquera plus tard le propriétaire qui s’aide des habitudes animalières pour calculer le nombre de jours restants avant la fonte des glaces, un moment important pour démarrer la saison malheureusement tardive ce printemps!


Qui est derrière Au Pays de Réal Massé?

La carrière de cet entrepreneur-pourvoyeur de Lanaudière a commencé tôt à titre de livreur de bière O’Keefe. En 1977, il ouvrait sa première brasserie, la deuxième l’année suivante, deux autres un an plus tard et ainsi de suite. On peut donc dire qu’il s’y connaît en restauration et en hospitalité. Il acquiert en 1986 la pourvoirie actuelle de vingt kilomètres carrés. Je suis étonnée d’apprendre qu’Au pays de Réal Massé est l’une des plus petites superficies pourvoyables au Québec alors qu’elle est pourtant l’une des plus importantes en ce qui a trait aux revenus, à l’ensemencement et au nombre d’employés. J’aurais aussi tendance à dire que les lieux sont connus pour le nombre de moustaches au kilomètre carré, mais ça, c’est une autre histoire qu’il faut visiter pour comprendre!

Au total, trente chaloupes sont dispersées sur différents lacs qui regorgent de truites grises, mouchetées, brunes et arc-en-ciel. Chaque invité en découvre au moins deux bassins, un chaque matin, un chaque après-midi. C’est Réal lui-même qui dispatche ses clients un à un, tous les jours et il n’en démord pas. Il pourrait déléguer, m’explique-t-il, mais cet échange quotidien lui permet de rester en contact avec ceux qui lui ont valu sa renommée. Je sentais bien que cet aspect est crucial pour lui, une forme de respect qu’il s’assure de donner à chaque invité, qu’il soit un habitué ou un nouvel initié de l’endroit.







La pourvoirie ne dérougit pas en saison estivale. Au moment de mon passage, les réservations étaient déjà complètes jusqu’à la fin juillet, signe que Réal attire toujours autant les habitués et les amants de la nature. Même si monsieur Massé consacre entre 100 et 120 heures par semaine à son entreprise, jamais il ne laisserait en plan ses précieux clients pour se reposer. Ils sont rois et on le comprend dès les premiers échanges avec ce visionnaire de son temps.

Ce n’est pas pour rien qu’on le nomme le père de la nouvelle pourvoirie. Aux repas comme en milieu de journée, il gère les minutes qu’il passe auprès de chaque client comme un père le ferait avec ses enfants, en parts égales, avec un sourire bienveillant et un regard attentionné à leurs moindres besoins et souhaits! Quand on discute avec Réal Massé, on a toute son attention, tout son temps et son écoute; selon moi le secret de son succès durable.

« Si quelqu’un doit descendre dans un trou de bouette, j’y vais avec lui. Ce n’est pas plus à lui qu’à moi de l’faire… » Même à son âge, aucune tâche ne le rebute. Il est pourtant bien entouré et pourrait en profiter pour prendre un peu de repos. Mais je n’oserais pas lui suggérer, car sa passion pour la pourvoirie Au pays de Réal Massé se lit sur son visage et inonde ses paroles. Pas étonnant qu’il insiste sur le fait que les employés soient traités comme de la famille avec des salaires compétitifs, un logement fourni et de bons plats préparés maison. Jusqu’à 32 personnes travaillent sur le domaine afin de s’assurer que les 15 à 17 000 visiteurs repartent comblés chaque année.





À part la pêche?

Si ce sport n’est pas dans votre répertoire, sachez qu’on se méprend souvent sur les pourvoiries au Québec. On a en effet tendance, comme j’en étais coupable auparavant, à croire que seuls les pêcheurs de gros calibres s’y aventurent.

Eh non! Beaucoup d’établissements offrent des forfaits de plein air et de détente ainsi que des activités différentes pour que les couples et les familles y trouvent leur compte même si tous ne préfèrent pas la pêche.

Au pays de Réal Massé, c’est le golf, le mini putt, la randonnée, la gastronomie et plusieurs autres idées de vacances qui vous seront offerts. C’est d’ailleurs avec son torse bombé que Réall m’a conduite en quad jusqu’au nouveau terrain de golf verdoyant, le dernier ajout du visionnaire infatigable. C’est donc un élément à prendre en considération avant de réserver vos prochaines escapades. Vous pourriez être surpris!

Voici ce que ça a l'air l'été : 




Après une discussion avec Réal Massé, on ne peut que réaliser l’immensité des sacrifices et de la discipline requis pour mener un projet de telle ampleur. Moi qui m’imaginais les pourvoiries d’un œil sceptique, j’ai complètement changé mon fusil d’épaule et j’y ai même réservé un weekend de pêche, de golf et de farniente en septembre. Ah, et les amateurs de motoneige pourront profiter de ce sublime territoire en hiver également!

Bonne découverte!

Jennifer



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